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Musique et Danse - Santiago de Cuba

- Documentation ritmacuba.com -

Portrait de Milian Gali / groupe Galibata
Portrait de Oderquis Revé

- Dossier tambours batas et maîtres tambours (Cuba) -



Ritmacuba.com rend ici accessibles deux articles publiés dans la revue PERCUSSIONS sous le titre général : "Tambours batas : rythmes, transe et religion". Chacun repose sur l'interview d'un maître-tambour reconnu (Milan Gali à Santiago de Cuba, Oderquis Revé à La Havane) qui ont joué tous les deux un rôle important dans la diffusion de ces tambours et la transmission de leurs rythmes. Ces interview ont été faites dans le cadre d'un travail écrit et audio-visuel plus vaste concernant la diffusion des tambours batas en Afrique, à Cuba et dans le reste du monde.

Ces deux articles peuvent être visionnés et/ou téléchargés en pdf dans la présentation qui en a été faite dans la revue PERCUSSIONS (nouvelle série) . Ils sont soumis à copyright. Le format de publication initial étant supérieur à une hauteur d'écran habituelle, le lecteur ne devra pas hésiter à utiliser la fonction zoom des logiciels de lecture pdf tels que Acrobat reader...

-1ére partie : interview de Milan Gali, par Daniel Chatelain
revue PERCUSSIONS n°12 (nouvelle série).
Lire l'article de PERCUSSIONS n°12

- 2e partie : interview d'Oderquis Revé, par Daniel Chatelain, revue PERCUSSIONS n°14.
Lire l'article de PERCUSSIONS n°14

 


Trio de batas consacrés dans un temple de santería. Pour la cérémonie d'alimentation des tambours, seul cas où on peut voir des tambours consacrés ainsi posés à terre (copyright Daniel Chatelain)

N. B. : L'orthographe est batá (avec un accent tonique) à Cuba, bàtá en yoruba (avec une marque tonale grave et une aigüe). Les hispaniques ont tendance à accorder "batas" au pluriel, comme nous le proposons en français, à la suite de Michel Faligand et de la revue Percussions (mais ce n'aurait aucun sens en Yoruba). Pour orisha, nous suivons en français l'orthographe anglaise, le "sh" permetant de reconstituer la prononciation du S asocié à un signe diacritique en yoruba : un point sous le S. La tendance à prononcer "oritcha" est un hispanisme lié à l'orthographe cubaine oricha (bien qu'il ait été dit que certaines ethnies yoruba posséderaient ce son, ce n'est en tout cas pas le cas du yoruba standard).


vidéo : final d'une cérémonie d'alimentation de tambours batá consacrés

AÑÁ / AYAN, LES ORISHA ET IFA

Une de ces interviews relate la prime ancienneté d'Añá (Ayan en yoruba, avec une prononciation très proche) sur les Orisha. Ayan est l'orisha déposé dans les tambours consacrés, il est aussi le fondateur des lignées de tambourinaires Ayan chez les Yoruba, ces lignées portant ce nom comme partie de leur nom de famille. Voici, dans la tradition du Nigeria ce qu'en dit Ifa lui même, source du savoir géomantique des babalawo (babalao à Cuba) dans un verset (ese ifa) d'Oturupon Ogunda :

Jogede
Gbagede
A difa fun Oosaala Oseeremogbo (Obatala)
Nijo ti ntorun bo walé ayé
Ebo n won ni o se
Jogede
Gbagede
A difa fun Okankenu Irunmole
Nijo ti won ntorun bo walé ayé
Bi Sango ti to un
Ko rilu jo !
Jogede
Gbagede

N. B. : les signes diacritiques yoruba, tonaux ou pas, ne sont pas reproduits

 

Traduction:

Jogede
Gbagede
Ifa fut lancé pour Oosaala Oseeremogbo (Obatala)
Le jour ou il descendit du Ciel vers la Terre
On lui conseilla d'offrir sacrifice
Jogede
Gbagede
Déclaration d'Ifa pour les divinités innombrables
Le jour ou elles vinrent du Ciel vers la Terre
On leur recommanda d'offrir sacrifice
Malgré sa grandeur
Shango ne trouva pas de tambour pour danser
Jogede
Gbagede


Orunmila était le seul à posséder un "ìlù", tambour (amené du Ciel ou conçu sur Terre, cela n'est pas précisé). Obatala et les autres Orisha vinrent consulter Ifa afin d'obtenir a leur tour un tambour personnalisé. Orunmila leur recommanda d'offrir la peau d'un animal. Seul Oosa (Osha) offrit sacrifice. S'ensuivit un festival au cours duquel Obatala fut le seul à se présenter avec son tambour, les autres chantant, claquant des mains, mais sans tambour. Par la suite tous offrirent sacrifice afin d'avoir leur propre tambour :

- Igbin pour Obatala Agere pour Ogun (Osoosi est reincarnation d'Ogun, tout comme Erinle)

- bàtá pour Shango

- Aran pour Ifa

- Agogo (cloches) pour bon nombre d'Orisha ainsi qu'Ifa.

Une fois réalisée cette diversité de tambours, il falut les régir. Une divinité fut ainsi envoyée par Olodumare pour la lignée des tambourinaires : Ayan, diminutif d'Aluyanda. On entend aussi le terme Ayanagalu. Ayan est un Orisa "funfun", c'est-à-dire "blanc".

Source : Ayo Salami Yoruba Theology and Tradition.
Remerciements à Amosun Babalola (y compris pour sa traduction).

 

AYAN, ORISHA FUNFUN

Les Orisa "funfun", blancs, comprennent toute la lignée d'Oosanla ("nla" signifie "très grand") identifiable aux codes vestimentaires, aux éléments de sacrifice, aux tabous, etc, observés dans les cultes de ces divinités. Oosa, et même Orisa, est un terme réservé à Obatala, de même que les termes Iyalorisa et Babalorisa, qui désignent les dévots d'Obatala, en pays Yoruba bien sûr. Dans d'autres contextes, le terme Orisha se réfère aux autres divinités du panthéon Yoruba.

Ce sont :

- Obatala (Oba / Roi, ti / celui de, ala / rêve, lumière)
- Ogiyan (connu à Cuba comme Oshagriyan)
- Ayelala
- Oluorogbo
- Iwowu
- Oniki
- Orisha Oko
- Alagemo Teere
- et donc Ayan

Ces divinités trouvent leur origine dans les migrations des descendants d'Obatala à partir d'Ilé Ife. Ils peuvent avoir été envoyés par Olodumare pour répondre à un certain besoin, ou pour venir en aide à certaines populations. Plus tard, à leur retour au Ciel (Orun), le culte se perpétua. Ces cultes sont toujours vivants de nos jours en pays Yoruba.

Remerciements à Amosun Babalola

 

AYAN, ORIGINE & DIFFUSION

Ajoutons que les lignées des tambourinaires Ayan se sont développées à partir du du foyer central d'Oyo, parallèlement au culte du roi divinisé d'Oyo Shango après un règne de 7 ans au XVe siècle. Elles sont liées aux tambours bàtá (et à leur encodage spécifique de la langue yoruba). Elles ont intégré postérieurement aux bàtá les tambours parleurs dùndún, aujourd'hui bien plus répandus que les tambours bàtá au Nigeria et dans la partie d'influence yoruba de la République du Bénin. Une partie des répertoires des tambours bàtá est menacée.

A Cuba, les tambours consacrés, dits Aña sont essentiellement les jeux de tambours batas, avec l'exception d'un tout petit nombre de jeux de tambours Iyesa (ethnie du Nigeria où dominent les cultes aux orisha Oshun et Ogun).

organigramme
Place des tambourinaires añá dans une communauté religieuse de santeria
(Source : Antoine Revert, master ethnomusicologie, Université Paris 8)

 

LE NOM BATA

Il est généralement dit que "bata" serait à l'origine une onomatopée. Mais le corpus de Ifa dirait autre chose :

L'oluwo* nigerian Baba Kolapo Ifasina récite des versets qui expliquent que originellement bata était un personnage, un bègue. Lassé des moqueries de ses semblables, il confectionna un tambour qui reproduisait le language tritonal yoruba. Errant de village en villages, il tomba sur Shango qui avait pour habitude de démontrer sa supériorité physique et spirituelle par des tours (se couper la tête, un bras, apparaître à deux endroits simultanément, etc...), intéressé par la musique de bata, il lui demanda de l'accompagner. Bata accepta et il devinrent prospères tous deux. Ainsi, selon Kolapo, c'est le tambour DE Bata ! :"ìlù ti bàtá" en yoruba (selon des enregistrements sonores faits par Amosun Babalola).

oluwo : rang supérieur dans le culte de Ifa.

 

 

 

Autre article sur www.ritmacuba.com : 

Le livre-article sur l'Histoire des tambours batá à Cuba de Patrice Banchereau est paru dans la majorité de ce contenu, sur plusieurs pages html (manque encore en paticulier l'histoire des tambours de fundamento de Matanzas). Nous mettons ici en valeur certaines des parties, bien que toute la publication est reliée au thème de cette page :

0. Introduction & Avant-propos

01. Les instruments de musique de la santería

03. Tambour et tambor

04. L'apprentissage des batá, maîtres, disciples et élèves

Chapitre I. La période coloniale - les cabildos lucumí
Añabí et Atandá - La naissance des tambours batá consacrés à La Havane

Chapitre II. La création de la santería moderne à La Havane et à Matanzas.

Chapitre III. Histoire des tambours de fundamento havanais.

L'obscure histoire des tambours batá du XIXe siècle...

Chapitre IV. Chronologie des tambours havanais du XXe siècle.

Chapitre V. Autres tambours havanais à partir des années 1960.

Tableau chronologique des tambours de fundamento havanais

La naissance d'un nouveau tambour


OSCAR VALDES a introduit les batas dans le cuban jazz

Autres éléments bibliographiques relationnés au site ritmacuba.com et/ou à la revue PERCUSSIONS (nombreux liens dans la page textes-textos.html)

2004. "Tambours batas : rythmes, transe et religion" (2e partie) : interview d'Oderquis Revé", par Daniel Chatelain, revue PERCUSSIONS n°14 (nouvelle série).

2003. "Tambours batas : rythmes, transe et religion" (1ére partie) : interview de Milan Gali", par Daniel Chatelain
revue PERCUSSIONS n°12 (nouvelle série) éditée par l'Afpercu (Association Française des percussionnistes). Rubrique traditions.

2003. "Des dieux, des maîtres : les tambours afro-cubains de Wemileré", par Daniel Chatelain. Cités Musique, trimestriel édité par la Cité de la Musique. Cet article est publié sur ritmacuba.com dans une version plus longue que celle parue dans Cités Musique.

2002. "Tambours des Noirs, Tambours des Blancs" ou "La transculturation blanche des tambours des Noirs" de Fernando Ortiz (1952), traduction et avant propos : Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 9 (nouvelle série). Rubrique traditions : 4-15 et PERCUSSIONS n°10 : 4-14. éditée par l'Afpercu (Association Française des percussionnistes). www.afpercu.com. Réédition en brochure Ritmacuba en cours (2006).

2000.- "Historical Chart of the Styles of Popular Cuban Music" in Tito Puente's Drumming with the Mambo King de Tito Puente et Jim Payne. Hudson Music. www.hudsonmusic.com. Version anglophone et révisée de 1996. "Tableau généalogique des styles de la musique cubaine".

1999. "Discographie des musiques afro-cubaines". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 60 (première série). Rubrique documentation.. Percussions Sans Frontières.
Deuxième partie : cycle de la rumba, congas/comparsas, hommages et actualisations.

1998. "Discographie des musiques afro-cubaines". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 59 (première série). Rubrique documentation.
Première partie. Présentation historique et thématique. Panoramas et anthologies, styles afro-cubains traditionnels : Musique de tradition yoruba (Lucumí - Santería). Autres traditions.

1998. "Danser avec les entités, danser avec les autres. Le rapport danse-transe-musique dans la religión à La Havane". Kali Argyriadis. PERCUSSIONS n° 58 : 17-26 (première série). Rubrique Traditions (dir. D. Chatelain).

1998. "De Changó aux tambours". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 58 : 54-61 (première série). Rubrique documentation.
Deuxième partie. Eléments de bibliographie thématique des manifestations artistiques issues des religions afro-cubaines.

1998. "De Changó aux tambours". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 57 : 35-50 (première série). Rubrique documentation.
Première partie. Bibliographie thématique afro-cubaine avec plusieurs centaines de références. Cette première partie, portant sur les cultes afro-cubains, présente aussi l?ensemble de la thématique abordée dans les deux parties.

1996. "Le tambour roi. Chronique cubaine". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 47 (première série). Rubrique Documentation.
Analyse de parutions et hommage à Merceditas Valdés. Les chroniques sont ré-éditées dans les Chroniques Livres et CD de ritmacuba.com.

1996. "Cuba : les racines sont profondes". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 44 (première série). Rubrique Documentation.
A propos de parutions importantes sur les religions et les musiques afrocubaines. Disques de musique afrocubaine et de musique populaire cubaine.Chroniques rééditées sur www.ritmacuba.com.

1996. "Tableau généalogique des styles de la musique cubaine". Daniel Chatelain et Michel Faligand. PERCUSSIONS N° 43 (première série). Rubrique Documentation.
Le premier tableau jamais publié présentant l'ensemble des relations entre les styles de la musique cubaine (musique populaire, afro-cubaine, hispano-cubaine, jazz...). Sur double page avec guide de lecture.

1996. "La migration transatlantique des tambours bàtá". Isabelle Leymarie. PERCUSSIONS n° 45 (première série) : 11-19. Les tambours bàtá yoruba en Afrique et au Nouveau Monde; les bàtá à Cuba; les premiers enregistrements cubains des bàtá et leur diffusion à l'étranger; les bàtá dans le latin jazz et la Salsa. Bibliographie. Rubrique Traditions.

1994 : "Jouer les batas sacrés". Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n° 36 : 25-28 (première série). Rubrique Traditions.
La terminologie concernant les batas "de fundamento" rituels et ceux qui en jouent (légitimement). La sortie des batas hors du contexte religieux à partir de 1936. Prolonge l'article du n° ci-dessous.

1994. "Questions au maître Orlando Poleo". Interview par Daniel Chatelain. PERCUSSIONS n°35 (première série). Rubrique Traditions.
Le virtuose des tumbadoras aborde l'apprentissage de la percussion au Vénezuela, de "la rue" à l'enseignement institutionnel; ses rencontres musicales marquantes et les grands tamboreros; sa relation particulière aux tambours batas, aux rythmes afro-vénezueliens; le rythme au-delà de la couleur de la peau ; le lien de la percussion et de la danse.

1994. CUBA. Tambours Bata : Hommage à Yemayá et Ochún. Notes du CD de ILUYENKORI (dir. Roger Fixy). Daniel Chatelain (anglais et français). Playasound PS 65138.


PERCUSSIONS est actuellement édité par l'Afpercu (Association Française des percussionnistes). www.afpercu.com


Renseignements : info@ritmacuba.com

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